Remacle Le Loup, Le château de Hermal, gravure, 1735 – détail.
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Culture — Les écoles engissoises




photo d’un bulletin scolaire signé par le professeur

Bulletin scolaire d’un élève de l’école hermallienne pour garçons dirigée par Roger Brose, novembre et décembre 1958.
Éd. A. Dehon, Mons, S. n° 1 — h. 6,5 cm x l. 10,4 cm.

On remarque que les cotes données concernent la conduite de l’enfant et non les branches enseignées (la cotation compte cinq degrés : Très bien, Bien, Assez bien, Laisse à désirer et Laisse beaucoup à désirer).  Dès la 1ère page de couverture, le ton est donné :

«  ENFANT !
Ce carnet est-il pour toi un sujet de honte ou de fierté ?  
Ta conscience ne te reproche-t-elle rien ? »

La 2e de couverture comporte les conseils aux enfants avec un texte de Victor Hugo, la 3
e un avis aux parents des élèves, la 4e un nouvel avertissement aux élèves.  La 1ère page intérieur, elle aussi, s’adresse aux enfants pour leur expliquer l’intérêt du bulletin.  Chaque page suivante commence par un aphorisme et le dernier feuillet intérieur en ajoute quelques uns :

« Réfléchis avant de parler.
Ne dis du mal de personne.
Réprime ta colère.
Mets de la décence dans tes expressions.

Soigne ta petite personne : ne sois pas avare d’eau pour ta figure, ton cou, tes mains ; aie soin de ta chevelure ; tiens tes habits proprement. — L’enfant propre tient aussi très convenablement et dans un ordre parfait tous ses objets classiques.

Aime tes parents ; sois travailleur ; sois tempérant ; sois économe.

Sois bon envers les animaux ; évite-leur toute souffrance inutile.

Epargne pour te procurer des vêtements et pour t’aider dans la maladie.

Affilie-toi à la caisse de retraite pour te préparer une douce et heureuse vieillesse.

Fuis l’alcool qui appauvrit, qui déshonore, qui rend fou, qui empoisonne, qui tue l’homme.

Ne gaspille pas ton argent à l’achat de cigarettes et de tabac.

Pratique l’hygiène si tu veux conserver ta santé, prolonger ta vie et te ménager une vieillesse sans infirmités.

Ne prends pas ce qui appartient au prochain.  N’oublie pas qu’un menteur est pire qu’un voleur. Choisis de bons amis ; dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. »

Le bulletin donne aussi un extrait de la législation scolaire et rappelle aux parents :

« Si vos enfants viennent régulièrement à l’école, plus tard, ils ne s’absenteront pas de leur travail.  S’ils accomplissent proprement et soigneusement leur besogne à l’école, plus tard ils seront de bons ouvriers, estimés des patrons, bien rémunérés.

Secondez donc vos instituteurs et institutrices en assurant la bonne fréquentation des classes, en obligeant vos enfants à faire journellement leurs devoirs avec soin et à étudier convenablement leurs petites leçons, en surveillant consciencieusement la tenue des objets classiques, en inspirant à vos fils et à vos filles le respect de leurs maîtres. Evitez de laisser courir trop fréquemment vos enfants dans les rues en dehors de votre surveillance, car la rue, c’est l’école du vice ; c’est là que se fait l’apprentissage des mauvaises habitudes, des propos honteux.

Si vous voulez faire de vos fils et de vos filles des enfants éclairés, ne contrecarrez pas l’école ; faites-leur aimer ce temple de la science. »

Contexte historique  flèche

L’enseignement, pendant des siècles, a été prodigué par l’Église catholique dans nos régions. Lorsque celles-ci sont incluses, en 1815, par la volonté des grandes puissances européennes, dans le nouveau Royaume-uni des Pays-Bas, elles sont régies par une Loi fondamentale voulue par le roi Guillaume Ier qui impose à chaque commune d’avoir une école primaire dépendant de l’État et non plus de l’Église. 
Cette laïcisation de l’enseignement est l’un des principaux griefs des catholiques belges à l’encontre du roi et l’une des raisons qui vont provoquer la scission du royaume et la naissance de l’État belge en 1830.
L’une des 1ères mesures du Gouvernement provisoire belge est de rétablir la liberté d’enseignement — ce qui va déboucher sur le système belge, encore en vigueur, de deux réseaux d’écoles : l’« officiel » organisé par les communes, les provinces, les Communautés, et le « libre » dont le pouvoir organisateur, privé, peut ou non relever d’une confession religieuse. 

L’école d’alors n’est pas conçue pour l’épanouissement personnel de l’enfant ; lieu d’apprentissage, c’est surtout l’endroit où formater le jeune esprit. Pour les catholiques, c’est un moyen de contrôle social tandis que pour les libéraux, c’est un instrument d’émancipation, mais dans chaque camp, et pendant des décennies, des progressistes vont s’opposer aux multiples arguments économiques et moraux qu’avancent ceux qui refusent l’instruction obligatoire et les écoles gratuites.

L’idée de gratuité des cours pour permettre l’instruction des élèves pauvres ne devient évidente qu’avec la préparation de la loi Nothomb sur les écoles primaires de 1842, mais cette gratuité n’incite pas tous les parents à mettre leur enfant à l’école car ceux-ci, parfois dès l’âge de 5 ans, rapportent à la maison un salaire de misère mais nécessaire.  Bien des gosses travaillent jusqu’à 14 heures par jour, et même la nuit, comme domestiques ou comme ouvriers dans l’industrie textile, dans les charbonnages, les cristalleries… 

Une commission d’enquête sur ce travail, en 1843, note au chapitre des opinions favorables, pour une mesure qui fixerait un MAXIMUM de durée pour le travail des enfants, la réponse du patron de la mine de calamine d’Engis : « Les mesures protectrices que l’on se propose d’adopter en faveur des jeunes ouvriers sont excellentes » ; la commission propose finalement de limiter le boulot à 6.30 h pour les 10-14 ans afin que ces jeunes puissent « fréquenter les écoles primaires pendant une moitié de la journée ».
Trop révolutionnaire !
C’est en 1889 seulement que le travail « dangereux » est interdit aux moins de 12 ans et « réduit » à 12 heures pour les plus âgés ; mais rien n’est prévu pour ceux qu’emploient l’agriculture, les petits ateliers, le commerce.

La Belgique est le dernier pays européen à rendre, le 19 mai 1914, l’instruction gratuite et obligatoire pour les 6-14 ans.  Une semaine plus tard, le travail est interdit aux enfants de moins de 14 ans. 
Mais le 4 aout, l’Allemagne attaque la Belgique et la loi n’est officiellement appliquée en 1917. 
En pratique d’ailleurs, les fraudes et dérogations sont tellement nombreuses que de nouvelles lois doivent être votées, à l’instigation de Jules Destrée (Parti ouvrier belge), premier ministre laïque en charge de l’Enseignement depuis 1884.

Et il faut attendre le système des allocations familiales de 1930 pour voir se généraliser une scolarité qui compte parfois 2 années supplémentaires (dites 4e degré) par rapport aux primaires d’aujourd’hui.

Avant la fusion des communes  flèche

Si, dans notre commune, les écoles actuelles appartiennent toutes au réseau officiel, il n’en a pas toujours été ainsi…

Réseau libre  flèche


À Engis :

De rares mentions dans d’anciens documents indiquent que des prêtres ont enseigné à Engis au XVIIIe s.  L’enseignement est payant : 10 sols du pays pour celui qui ne sait ni lire ni écrire, 15 sols pour l’élève qui peut le faire.

En 1906, la Compagnie des Filles de la Charité organise l’enseignement pour quelques dizaines d’enfants dans son tout nouveau couvent, rue de la Surface.

En 1919, cet immeuble est transformé par la Société de la Nouvelle Montagne (actuelle Prayon) pour l’ouverture d’un hôpital et, en 1921, d’une école maternelle et primaire qui applique la méthode Decroly et dispose, dès 1925, d’une importante bibliothèque.
Il s’agit d’un enseignement libre non confessionnel, mixte, et les professeurs, essentiellement féminins, sont payés par l’État tandis que la Nouvelle montagne assume les autres frais en tant que pouvoir organisateur.
Les cours de gymnastique suédoise, obligatoires, y sont donnés sur la scène parfaitement équipée d’une salle de fête de 400 places assises où se déroulent des projections cinématographiques hebdomadaires et des spectacles théâtraux jusqu’à la guerre.
D’autres cours spéciaux sont peu à peu ajoutés : la sténodactylo (dès avant 1929, facultative) pour le 4e degré,  la musique, l’italien (après 1950, facultatif), la religion et la morale (à partir de 1963). Les 120 élèves disposent d’une cantine, les institutrices d’une salle à manger et de logements sur place.
L’école est fermée, niveau par niveau, entre 1971 et 1975 pour des raisons budgétaires ;  le bâtiment est aujourd’hui un immeuble à appartements.

vue d'ensemble des bâtiments

Les bâtiments en 2013 : à l'avant-plan gauche, l'ancien hôpital - à l'extrême-droite, l'ancienne salle de fêtes-théâtre.

À Clermont-sous-Huy :

En 1872, le curé de Clermont fait construire et ouvre au lieu-dit « Aux Catholiques », juste après le cimetière, une école chrétienne avec 57 enfants ; à peine 60 jours plus tard et malgré 21 élèves de plus, elle est fermée pour six mois sous prétexte d’humidité — on va entrer bientôt dans la Guerre scolaire ! et la loi Van Humbeek va bannir la religion des cours des écoles de l’État, — et les gosses émigrent dans un local provisoire.

À Hermalle-sous-Huy :

Au XIXe siècle (après 1832) et jusqu’en 1912, ce sont des sœurs qui donnent cours dans l’ancienne maison vicariale, rue de Meuse (au n° 1 de l’actuelle rue du Pont).

Façade des anciennes écoles

« Anciennes écoles » de la baronne de Potesta, en décembre 2008.

L’ancienne école de la rue du Pont, 50 m plus au nord, à côté de l’actuel Centre culturel et de la bibliothèque, a aussi eu des religieuses pour professeurs ; on y a distribué la « soupe scolaire » pendant la guerre 1914-1918. Ce bâtiment, construit en 1867, a été propriété de la baronne de Potesta qui le mettait gratuitement, en échange de son entretien, à la disposition de la commune mais celle-ci ne remplissant pas ses obligations, il y eut échanges de lettres acerbes et même envoi par la baronne, en 1922, d’un courrier à tous les habitants d’Hermalle pour les tenir au courant de ses doléances :

copie de lettre


Réseau officiel  flèche

Le relevé des écoles ouvertes spécifiquement par les pouvoirs publics communaux, et des évènements particuliers liés aux écoles, s’établit comme suit :


±1830 Engis Une école communale primaire est répertoriée dans le Dictionnaire géographique de Philippe Vander Maelen en 1831. Elle accueille 75 enfants des deux sexes (pour 679 habitants) dans une « petite salle, très mal disposée sans ameublement, enfin une espèce de cave humide, malsaine ».  Un Recueil de documents statistiques de 1832 indique qu’il n’existe pas d’école privée.
Les instruments d’écriture sont le crayon de graphite ou celui d’ardoise, appelé « touche » et, pour les plus âgés, la plume métallique.

touches posées sur une ardoise

Touches posées sur une ardoise d’écolier.
À l’avant-plan, un taille-touche.
Coll. Musée Postes restantes
ensemble de plumes dites Ballon utilisées en Belgique

Ensemble de plumes « Ballon »,
modèle couramment utilisé en Belgique.

Coll. Musée Postes restantes
1832 Hermalle-sous-Huy Hermalle possède une école communale qui accueille 72 enfants dont 18 filles. Il n’y a pas d’école privée.
1842 Engis Un nouveau bâtiment est érigé au Thier Oulet, approximativement au centre des différents hameaux de la commune ; les séances du conseil communal s’y tiennent et il accueille l’école où on apprend la lecture, l’écriture et le calcul — géographie, histoire et dessin s’ajouteront en 1866).
L’enseignement y est de qualité puisqu’on note dans un livre de 1863 que les classes de l’instituteur Hubert-Joseph Gonda, qui avait été nommé sous-maitre le 28 février 1845,  ont obtenu la 7e place (sur 112) au concours cantonal.
En 1869 l’école compte 122 enfants d’ouvriers.
Le bâtiment blanc à un étage disparait au début des années 1980.
1845 Hermalle-sous-Huy « Par arrêté royal du 3 janvier 1845, la commune de Hermalle-sous-Huy, province de Liége, est autorisée à contracter, à l'intérêt de 4 p. c., un emprunt de 1 300 francs, remboursable en dix années pour couvrir les frais de construction d'une salle d'école. »
1849 Clermont-sous-Huy Une école communale existe aux Houx, au rez-de-chaussée de la maison communale ; cet immeuble va servir de logis pour le maitre après la construction, 80 m plus loin, d’une nouvelle maison communale dont le rez-de-chaussée doit servir d’école à une classe.
1851 Engis Les enfants indigents reçoivent la gratuité des cours et la gardent jusqu’en 1884 où tous les enfants qui fréquentent les écoles communales d’Engis bénéficient enfin de l’instruction gratuite.
1858 Hermalle-sous-Huy La Députation permanente au Conseil provincial décide que « Les communes de Pepinster, Hermalle-sous-Huy et Ouffet, ont été autorisées à adopter des écoles privées pour l'instruction des filles indigentes. » Nous accueillons avec plaisir toute information complémentaire à ce sujet !
1862 Hermalle-sous-Huy Création de l’École de la Maillieue.

schéma indiquant l’emplacement de la Maillieue

Le 13 juillet 1861, le Conseil provincial de Liège débat d’une demande de scission des communes de Saint-Georges et de Hermalle car la Maillieue désire être rattachée à Flône.  L’un des enjeux, c’est l’école !  Il n’y en a pas sur la rive gauche et les enfants de la Maillieue doivent passer la Meuse quatre fois par jour, par bac, pour se rendre sur la rive droite, à l’école d’Hermalle…

De cause à effet, l’instauration d’un passage d’eau.
La barque suivait un câble accroché aux poteaux.
Que la Meuse soit calme ou impétueuse,
Il fallait la passer, même par vagues dangereuses.

Gustave Séverin, Souvenirs
(La rue de la Meuse)

Comme ni Saint-Georges ni Hermalle n’ont envie de perdre les ressources financières que leur apportent les industries de la Maillieue, les deux communes s’allient pour proposer la construction d’une école communale à la Maillieue et couper l’herbe sous le pied des séparatistes. 
L’école est effectivement construite l’an suivant et les cours s’y donnent jusqu’à la fusion des communes.
1867 Engis Les « adultes » d’au moins 14 ans reçoivent des cours du 1er octobre au 31 aout, à raison de 2 heures le soir trois fois par semaine en hiver et 2 heure le dimanche en été pour les hommes, et 2 heures deux fois par semaine (jeudi et dimanche) pour les femmes.
Il s’agit de donner quelques connaissances à des gens qui n’ont pu les recevoir, enfants, car ils étaient obligés de travailler ; il s’agit aussi d’en faire des gens rangés, vertueux, économes, « comprenant les nécessités sociales et ayant le respect de l'ordre établi » comme le dit un rapport d’un Ingénieur en chef, directeur de mines.
1868 Engis Façade principale de l'école des filles

On construit une école primaire pour filles, chemin de Warfusée, ce qui arrête la mixité des sexes.  Cet imposant bâtiment est devenu celui de l’actuelle maison communale et le chemin de Warfusée s’apelle dorénavant rue reine Astrid.  Des classes vont y être maintenues pour les maternelles jusqu’en 1986.
1872 Clermont-sous-Huy La nouvelle maison communale accueille une classe… de 11 élèves, les autres enfants fréquentant l’école ouverte par le curé.
1880 Engis Façade de l'école rue Joseph Wauters

Une nouvelle école primaire pour garçons est ouverte rue de Huy (actuelle rue Joseph Wauters) étant donné l’accroissement du nombre d’élèves mâles ; celle du Thier Oulet est fermée. 
1884 Engis Le journal de classe apparait et permet d’établir une relation entre parents et enseignants. 
1885 Clermont-sous-Huy La loi autorisant les communes à inscrire religion et morale dans leur programme depuis l’année précédente, tous les jeunes Clermontois sont inscrits dans le réseau officiel ; 12 adultes suivent aussi des cours en hiver, de novembre à fin février.  L’école accueille aussi des petits Éhinois car Éhein ne dispose pas d’école ; elle paye donc l’écolage à Clermont. Filles et garçons ont « leur école » (il faut comprendre « chacun leur classe »). 
1894 Clermont-sous-Huy Les classes pour adultes se tiennent, de novembre à fin février, dans le bâtiment de l’administration communale. Les cours se donnent au moins jusqu’en 1926.
1904 Engis Le photographe entre à l’école ; les premières photos de classe et de chaque élève apparaissent.
1916 Engis La visite médicale devient obligatoire.
1918-
1940
Hermalle-sous-Huy L’instruction semble avoir été aussi dispensée entre les 2 Guerres mondiales dans trois classes organisées dans la Maison de la Héna, bâtiment de la rue Lecrenier qui avait dépendu jadis de l’Abbaye de Flône, et où était installé le secrétariat communal.
L'instituteur Roger Brose qui exerce à La Mallieue est cité comme l'un des pionniers du Mouvement Freinet de l'entre-deux-guerres.
1922 Engis On crée une école pour filles aux Kessales.

Ecole des Kessales

La maison à étages (à gauche de la photo) était le logement réservé à l'institutrice en chef (nom donné à la fonction de directrice).
1963 Clermont-sous-Huy Début de la mixité : tous les élèves, garçons et filles, sont regroupés en 2 locaux, 1ère et 2e années dans l’un, 3e à 6e année dans l’autre. Une classe maternelle est installée dans le salon du presbytère jusqu’à la construction d’une salle complémentaire à l’école. 
1964 Clermont-sous-Huy La classe maternelle entre dans la nouvelle salle. 
1964 Engis Bâtiment et cour de l’école des Fagnes

La nouvelle école des Fagnes est opérationnelle ; elle évite aux écoliers de devoir faire à pied le long trajet Fagnes-Centre d'Engis-Fagnes, soit quelque 6 km.
1965 Clermont-sous-Huy On organise un cours de morale non confessionnelle pour… trois élèves. Le ramassage scolaire débute… avec le taxi Guyot d’Engis ! 
La population scolaire a augmenté, obligeant à l’occupation de la salle du conseil communal puis à la construction d’une classe préfabriquée (qui sera démontée en 1994).
1967 Clermont-sous-Huy Un minibus communal remplace le taxi.
1968 Engis Toutes les écoles pratiquent la mixité.  Les enfants sont répartis entre les écoles : celle des Kessales accueille les 1ère, 2e et 3e années, celle de la rue Wauters les 4e, 5e et 6e
1970 Clermont-sous-Huy On construit un réfectoire et on installe de chauffage central. 
Il est fini le temps des poêles !

Façade de l'école de Clermont

Prise de vue en octobre 2010. L'immeuble de droite, à batière, est la maison communale-école de 1872.
±1975 Engis La commune innove en décidant la construction d’une piscine de petite profondeur dans l’école Wauters par réutilisation d’une classe et d’une partie du local à usage médical, pour éviter les frais dus à la piscine de Stockay.  Cette piscine va être fréquentée d’abord par les enfants des classes primaires puis aussi par ceux des maternelles.

Après la fusion des communes  flèche


1977 Fusion des communes Les écoles des 3 villages deviennent celles de l’entité engissoise.
Pour créer un emploi supplémentaire, les écoles de Hermalle et Clermont sont momentanément fusionnées.
1982
Les subsides de la Communauté française de Belgique permettent la construction de l’école-pilote fondamentale d’Hermalle. Elle doit rassembler les garçons qui ont cours dans l’administration communale, au coin de la chaussée Freddy Terwagne et de la rue Wérihet, et les filles installées dans les « anciennes écoles » de la rue du Pont — lire ci-après. 
1986 L’ouverture d’une école pour les 1ères et 2e maternelles, l’École du Parc (derrière l’actuelle maison des Jeunes, dans le Parc des Tchafornis), permet de libérer les locaux encore occupés par les enfants dans l’administration communale d’Engis.
1987
Création de la réserve naturelle pédagogique à l’école de Hermalle — lire ci-après.  
1991
Les élèves de 6e de Hermalle prennent chaque jour le bus pour aller suivre les cours avec les élèves de Clermont car le nombre d’enfants ne permet pas l’organisation de 2 classes distinctes ; cette situation dure au moins jusqu’en 1995. 
1993
La surpopulation des maternelles oblige à l’agrandissement de l’école d’Hermalle.
2006
Trois nouvelles classes ajoutées du côté de la réserve naturelle pédagogique, à Hermalle.

Les avantages et aléas d’une école-pilote

 
photo

L'école vue du 1er étage du Centre culturel en 2008.  A doite le bâtiment qui abrite les classes,
séparé par la cour de récréation du réfectoire et de la salle de sport Grandfils (avant-plan gauche).


L’actuelle école d’Hermalle est donc ouverte rue du Pont en 1982 et connait des débuts difficiles…

La commune, voulant agrandir l’ancienne école de la Baronne de Potesta, a acheté dans ce but un terrain qui appartenait à la Petite propriété terrienne, mais son projet d’agrandissement ne rencontre pas l’assentiment de la Communauté française qui n’offre, à l’époque, de subsides importants que pour la construction d’écoles « de l’an 2000 ».

Ce type d’« école ouverte » est basé sur un concept éducatif né en Angleterre et essaimé dans divers pays dont les U.S.A. et la France dans les années 1960-1970.

Le concept prend en compte l’influence de la structure même du bâti sur la pédagogie. 

Comme on cherche à « ouvrir » l’éducation, on pense que la création de « classes ouvertes » va constituer le dispositif spatial adéquat pour une pédagogie non magistrale, qui doit permettre à l’enfant de progresser à son rythme, de recevoir un enseignement plus individualisé qui utilise mieux les compétences et les intérêts des enseignants, d’apprendre à vivre en société.

Ce type d’école expérimentale implique un changement de projet pédagogique et d’autres méthodes de travail pour les enseignants, mais ceux d’Hermalle ne reçoivent pas de formation préalable.

En diverses écoles, l’aire ouverte comporte des espaces où s’isoler.  Ce n’est pas le cas à Hermalle (ni à Villers-le-Bouillet qui construit une école semblable à la même époque). 

À l’intérieur de notre école, aucun mur — sauf pour les sanitaires (et une salle de bain avec petite baignoire existe pour les maternelles, ce qui va s’avérer bien pratique car des petits sont parfois amenés à l’école dans un mauvais état d’hygiène…) 
Rien n’isole donc les classes dont l’aire n’est délimitée que par le placement de meubles de rangement de ± 120 cm de haut.
Un tapis plain recouvre partout le sol, tant dans les sections destinés aux classes que dans « l’agora », long et large espace central de circulation. Bien entendu, le tapis est vite et inévitablement taché. Pire, un vandalisme provoque une inondation et le tapis pourrissant va être remplacé par un carrelage, plus pratique mais… bien plus sonore.

Les enseignants disent y avoir vécu un calvaire : le bruit est épouvantable puisqu’aucune cloison n’arrête les sons, qu’ils proviennent des paroles des instituteurs et des élèves, des déplacements des chaises, du claquement des cartables, etc. ; les leçons de chant ne sont plus possibles au risque de voir les élèves d’autres classes abandonner leur travail pour chanter en cœur… La vue passe au-delà des meubles, l’intimité de la classe n’est pas assurée ; le professeur qui élève la voix face à un élève problématique perturbe immanquablement  le travail de ses collègues et distrait les autres enfants.

Pendant les récréations, les enfants jouent dans la pelouse qui entoure les bâtiments et leur surveillance se révèle impossible étant donné qu’aucune clôture ne délimite l’espace de jeu et que les gosses peuvent contourner sans difficulté tant l’immeuble qui abrite les classes que celui, séparé d’une trentaine de mètres, qui abrite le réfectoire et l’immense salle de sport avec ses sanitaires.
Aucun préau, d’autre part, n’a été prévu pour les temps de pluie, et l’agora ne convient pas puisque les heures de récréation des maternelles et des primaires ne sont pas les mêmes, et que les cris, les courses et les jeux des uns dérangeraient les autres…

Des aménagements vont donc être peu à peu introduits : construction de murs intérieurs, partiellement vitrés, refermant l’aire ouverte en classes traditionnelles en 1992, construction de deux préaux en 1995-1996.

L’ouverture de l’école correspond à un changement de directeur : à Monsieur Fortin succède François Grevesse qui aide beaucoup les institutrices à la mise en place d’un cycle « 5-8 ans » imposé par la Communauté française — mais sans formation préalable, avec seulement, au début, l’aide ponctuelle de deux personnes détachées par l’Union des villes et Communes.
Les maitresses travaillent sur un projet pédagogique commun, formant des groupes « verticaux » d’enfants de tous les âges, entre lesquels sont réparties diverses tâches et activités, ce qui représente une nouveauté pédagogique.
Les élèves bénéficient de la création d’ateliers (travail manuel/bricolage, jeux de société/éducatifs, théatre/expression orale, nature) qui se donnaient deux fois par semaine en début de semaine.
Ce type de travail, qui implique beaucoup de préparations et de réunions intra et extra-scolaires, va durer une dizaine d’années puis on va revenir peu à peu à un enseignement plus traditionnel, sans doute à cause d’un manque de personnes-ressources pour aider les institutrices.

L’école dispose aussi alors d’une BCD, une Bibliothèque-Centre de documentation ; des ordinateurs y sont installés avec l’aide du Centre culturel et des ateliers de lecture, utilisant le logiciel Elmo international auquel un membre du personnel a été formé, vont aider les élèves les plus faibles à acquérir une vitesse de lecture supérieure, indissociable d’une meilleure compréhension.   Des Apple (iMac Bondy Blue G3)  vont succéder à la première génération de machines.

L’école a été vandalisée à plusieurs reprises. Elle perd ainsi la petite serre où les enfants cultivaient des plantes et où se trouvaient quelques animaux. Mais les bâtiments n’occupent qu’une portion du terrain communal de 1,5 ha dont une partie constitue un champ de pommes de terre, juste derrière l’école et le long du chemin de Gerée…

Le directeur, François Grevesse, a l’idée d’y inscrire un « grand livre vivant de sciences naturelles ». 
Approuvé par le pouvoir communal, il crée en décembre 1987, avec l’aide des membres de la Commission des chemins communaux (dont Jean-Marie Willems et Valève Bovy) et d’autres amis, une sorte de réserve pédagogique naturelle à la place du champ. Pendant six mois, tous suivent une formation hebdomadaire (le samedi) avec un guide de la Province pour apprendre comment dévier le ruisseau du château, planter des arbres, aménager des nichoirs…
En février 1988, 50 arbres, souvent prélevés dans les environs, ont été replantés ; en mars, de jeunes Hermalliens placent des nichoirs et en avril, le service Travaux de la commune commence à creuser, au bulldozer, la « mare » que le ruisseau va alimenter.
L’aménagement et l’entretien vont se poursuivre des années durant, avec l’aide de l’asbl Éducation Environnement, constituant un nouvel axe de formation pour les élèves.
La « réserve naturelle » de l’école, d’abord d’accès libre au public, a ensuite être clôturée.  Elle a également servi de but de visite à d’autres écoles de l’entité et même de communes voisines.


Avec nos remerciements à Madame Nicole Delvaux,

à Messieurs Jean Flagothier, Marcel Fréson, François Grevesse, Armand Pirotte, Jean-Marie Willems.

Nous recueillerons bien volontiers d’autres témoignages pour enrichir cette page.



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