Remacle Le Loup, Le château de Hermal, gravure, 1735 – détail.
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Histoire


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: étant donné l'importance des informations existant sur Hermalle, cette page a été scindée, en mai 2013, en plusieurs autres pour faciliter le chargement et votre lecture :  
Le sommaire ci-dessous vous permet d'accéder directement à la période, aux bâtiments ou aux familles seigneuriales qui vous intéressent plus particulièrement.




Toponymie

Le village est cité dès 779 sous le nom de Harimala.
Plusieurs étymologies sont avancées : du teuton hari (armée) et du thiois [1] mael (moulin ou tribunal) ou mallum (terre pour le rassemblement des troupes), ou du germain mathla (assemblée, tribunal) et du germain harja (armée).
 
Le nom évolue (en 947 Harimalla, en 1131 Harmala), jusqu'à devenir en 1524 Hermal devant Floene ou Hermal devant Floene Saint Martin ; c'est simplement Hermal qui est mentionné sur les cartes Namurcum comitatus de Johannes Surhonius en 1579, Luttich de Abraham Ortelius (Anvers, 1612) et sur la Carte des Pays-bas autrichiens de Joseph de Ferraris (publiée entre 1770 et 1778).

Ces appellations disparaissent dès 1800 au profit de Hermalle-sous-Huy, qui signifie « Hermalle en aval de Huy ».

La consonne initiale du nom Hermalle est est une h aspirée car provenant du wallon Hèrmåle-dizo-Hu ; il faut donc dire et écrire par exemple : « le village de Hermalle-sous-Huy » et non « le village d'Hermalle-sous-Huy ».  
L'élision, cependant, figure dans certains textes. Elle fut aussi introduite dans le patronyme de Charles-Nicolas-Joseph Warzée lorsqu'en 1817, il obtint de Guillaume Ier des Pays-Bas la concession d'un titre de noblesse et devint le baron de Warzée d'Hermalle.


Au Moyen Âge, le blason de Hermalle était « de sable aux 6 fleurs de lys d'argent ». [2]   Le cri était « Donmartin ! ».

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Sceau de Hermalle
schéma

Schéma du blason de Hermalle



Histoire


Préhistoire  flèche

Les premières traces d'occupation humaine de la région sont celles de l'Homme de Néanderthal [2-2] (250.000 à 25.000 ans avant J.-C.).

On aurait dû d'ailleurs l'appeler l'Homme d'Engis car dès 1830 deux crânes, des vestiges de squelettes humains et animaux (tels que le mammouth ou le rhinocéros laineux) et des outils de cette époque furent trouvés dans les grottes d'Engis et de Engihoul par le Docteur Philippe-Charles Schmerling.

La découverte de l'Homme de Néanderthal est postérieure : elle date de 1856, et celle de l'Homme de Spy de 1886.

L'originalité de Schmerling fut de déduire de ses trouvailles que « les ossemens humains ont été ensevelis à la même époque et par la même cause que ceux des restes des races [animales] éteintes. »

La paléontologie humaine était née mais nul ne le savait…  À l'époque, la  théorie communément admise quant à l'apparition de l'homme était celle de la Genèse : création du monde en 6 jours, par Dieu, il y a quelques 6 000 ans.
L'existence d'un homme fossile habitant sur terre avant le Déluge ne fut donc pas directement admise.
dessin

Philippe-Charles Schmerling

(1790-1836)

considéré aujourd'hui comme le
père de la paléonthologie humaine

On a longtemps représenté cet homme comme une sous-espèce de l'Homo sapiens, se présentant comme un bipède imparfait, aux jambes fléchies et aux bras projetés vers l'avant, au crâne volumineux et allongé, au front fuyant avec d'énormes arcades sourcilières, taillant la pierre, vivant dans un climat froid et humide.
On considère aujourd'hui qu'il s'agit d'une espèce différente, descendant comme Homo sapiens de l'Homo erectus, et on lui reconnait capacités intellectuelles et traditions culturelles. [3]

À Hermalle-sous-Huy même, des fouilles ont révélé la présence de l'homme depuis le paléolithique moyen au lieu-dit Thier d'Olne où des haches, grattoirs et silex taillés ont été retrouvés.

Protohistoire   flèche

Entre 800 et 400 av. J-C. (premier Âge du Fer, période de Hallstatt), la « campagne de Gerée » était occupée par des Celtes ; il en reste 150 structures révélées par l'évaluation archéologique systématique entamée en 2003 dans le parc d'activités industrielles par l’asbl « Les Chercheurs de la Wallonie », et poursuivie sur 2,5 ha, jusqu'au 16 août 2006, par le Service de l’Archéologie (Direction de Liège 1) et la Direction de l’Archéologie du Ministère de la Région wallonne… qui ont retrouvé en outre un millier de vestiges gallo-romains. [4]

schéma

En bleu : la Meuse – parties grises : zones de fouilles – lignes brunes : voies de l'époque gallo-romaine
point rouge : château de Hermalle et ferme castrale – lignes blanches : réseau routier actuel.


Ces fouilles permettent d'affirmer l'existence de deux grands habitats à la période de Halstatt  :

« De l’occupation protohistorique subsistent des fosses d’extraction d’argile et les plans de plusieurs constructions, telles que des greniers et, fait exceptionnel en Wallonie, deux grandes maisons sur poteaux.  Les témoins matériels de la vie quotidienne sont représentés par des céramiques et divers ustensiles (cuillères en terre cuite, fusaïoles…). »


À cette époque existe encore à Hermalle une forêt mixte tempérée (d'érables, hêtres, pins, bouleaux, aulnes, noisetiers) dominée par le chêne et surtout par le tilleul – fait peu courant dans nos régions – qui occupent l'espace jusqu'à la Meuse.

Quelques zones ont été défrichées.  On les utilise comme pâturages ; ce sont des prairies humides où poussent laiche (plante à feuilles souvent coupantes et dont les fleurs sont des épis) et filipendules (comme la reine-des-prés, plante mellifère aux propriétés anti-inflammatoire, diurétique, sudorifique, astringente, tonique, antispasmodique, cicatrisante, antalgique et digestive).



D'autres espaces servent à la céréaliculture (à raison 4 à 6 % du total  des zones défrichées).  Les Celtes y cultivent le millet, l'épeautre (cérale proche du blé), l'amidonnier (blé), l'orge, l'avoine, le seigle et l'engrain.

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Millet
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Seigle

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Épeautre
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Amidonnier
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Orge

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Avoine
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Engrain

L'examen carpologique [5] de restes de plantes carbonisées trouvées sur le site devrait peut-être permettre de déterminer sous quelle forme, galette ou bouillie, les habitants consommaient le millet.

On a également découvert à partir de 2007, sur le Thier d'Olne, colline triangulaire qui domine la Meuse à la jonction des communes de Hermalle et Ombret, aux versants abrupts mais terminée par un plateau assez horizontal de quelque 6 ha, les vestiges d'une importante enceinte datant probablement de La Tène finale (circa 260 à 50 av. J.-C.) et composée de deux remparts, l'un de 2 m de haut sur 12 m de large édifié en blocs de grès à contresens de la pente naturelle de la butte, l'autre placé en contrebas de 8,5 m de 1 m de haut sur 3,5 m de large. L'ensemble laisse penser qu'il s'agissait d'une fortification au tracé géométrique régulier. [Witvrouw-Gava-Déser]  

Ce Thiers d'Olne de Hermalle-sous-Huy, qui jouxte le gué dit d'Ombret, contrôle le passage de la Meuse entre le Condroz occupé par les Condruzes et la Hesbaye, terre des Éburons dont le chef Ambiorix inflige à César la plus importante défaite de la Guerre des Gaules en 54 av. J.-C.  Cela n'empêche pas l'envahisseur romain de s'imposer dans nos régions et d'y écrire l'histoire.

À l'époque, le fleuve, d'une centaine de mètres de large, présente une profondeur de 1,80 m et le chenal navigable sinue entre les iles et les bancs de gravier.
Les Romains y construisent vers 54 après J.-C. un pont de bois sur des pieux de chêne enfoncés obliquement dans le lit du fleuve et doublés de pieux en contreforts pour assurer un transit plus aisé des armées, véhicules et usagers de tous genres qui suivent la voie romaine Metz-Arlon-Tongres. Ce pont servira jusqu'à la fin du IVe siècle, voire peut-être jusqu'au milieu du Ve siècle. Les « ponts d'Ombret » suivants seront construits légèrement en aval de l'ancien pont romain.

Le Thier d'Olne, dont le vaste affleurement shisteux du flanc ouest a été dégagé lors de la création de la route nationale 90, a connu aussi une occupation gallo-romaine, mérovingienne et carolingienne (lire la page dédiée au Thier d'Olne).

Au cours de l'époque gallo-romaine (de 57 av. J.-C. à 486 ap. J.-C.), la déforestation s'intensifie et le tilleul se raréfie ; chênes et hêtres deviennent alors les plus abondants.

Époque gallo-romaine  flèche

Aux Ier et IIe siècles,  les habitants ajoutent l'industrie à l'agriculture.

Durant les années 1970, Thomas Delarue, du Cercle archéologique Hesbaye-Condroz, avait déjà trouvé deux fours de tuiliers dans la campagne de Gerée.  Il résulte des fouilles de 2003-2006 qu'il s'agissait d'une véritable industrie :

« L’atelier de tuilier date des IIe et IIIe siècles de notre ère.  Ce complexe, remarquable par la nature de ses éléments et leur organisation symétrique, illustre la chaîne opératoire propre à ce type d’activité, depuis l’extraction de l’argile jusqu’à la cuisson des produits.  Le noyau autour duquel il s’articule est constitué par l’espace destiné à la cuisson des matériaux.  Il s’agit d’une aire rectangulaire de 650 m2, parallèle à la Meuse, ceinturée par des fossés de drainage et contenant les deux fours anciennement fouillés.  Cette surface était protégée des intempéries par une couverture dont la charpente reposait sur plusieurs dizaines de poteaux alignés et disposés à intervalles réguliers.  Distants l’un de l’autre de près de 7 m, les fours sont orientés sud-est/nord-ouest et dotés d’une aire de chauffe individuelle.  Parmi les autres éléments importants du site figurent quatre constructions de 25 m2, destinées peut-être à la mise en forme des tuiles, deux halles de séchage et de stockage d’au moins 75 m de long sur 8 m de large, ainsi que des fosses d’extraction et de multiples fossés. »



photo

Deux tegulae (tuiles plates à bords relevés) et un fragment d'imbrex (tuile faitière posée sur les tuiles plates) de cette époque – coll. BMG


Au Moyen Âge... lire la suite




Notes  flèche


[1] Thiois = langue du peuple ; mot utilisé pour désigner l’ensemble des dialectes moyen-néerlandais parlés au Moyen Âge.    flèche

[2]  En héraldique, « sable » est la couleur noire.  flèche

[2-2] « Néanderthal », « Neanderthal » ou très souvent « Neandertal » (depuis Henri Vallois, en 1952) car le « h » a disparu lors d'une réforme orthographique de l'allemand. Dans la nomenclature latine, on écrit toujours Homo neanderthalensisflèche

[3]  Information sur l'Homme de Néanderthalflèche

[4]  La Libre Belgique, quotidien belge, 21 septembre 2006. flèche

[5]  La carpologie étudie les graines et les fruits découverts en contexte archéologique.  flèche



Remerciements  flèche

Nos chaleureux remerciements vont à l'asbl Cercle archéologique Hesbaye-Condroz et, surtout, à Virginie Delvaux et Paul Renoir †, Georges Plumier †, Emile Desmet, Jules Feron, Léon Verdin, Cyrille Meunier † le 29/4/2007, François Delchambre et Robert Streel de Hermalle-sous-Huy, Patrick Hoyoux † d'Amay, Jacques Berten de Liège et Marcel Fréson d'Engis pour les documents qu'ils ont bien voulu nous offrir ou nous prêter, et pour les souvenirs qu'ils nous ont confiés.

Étant donné la disparition d'une grande partie des archives communales dans les années 1980, nous n'aurions pu, sans leur aide, reconstituer certains éléments de l'histoire récente du village.

Nous remercions également madame Cécile Medaets, du Centre de documentation ferroviaire de la SNCB, pour les recherches qu'elle a faites et qui nous ont servi de base pour les paragraphes sur la ligne 125 et les gares de Hermalle et Engis. retour au texte

Il va de soi que nous sommes toujours à la recherche de documents anciens sur Hermalle.
Contact : info[arobase]hermalle-sous-huy.be





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Asbl Syndicat d'Initiative de Hermalle-sous-Huy (La Rawète) dans la Ferme Castrale de Hermalle-sous-Huy