Remacle Le Loup, Le château de Hermal, gravure, 1735 – détail.
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Au XIXe siècle





De 1795 à 1815, nos régions sont annexées à la France et sont réorganisées administrativement et juridiquement selon de nouvelles normes. Hermalle se trouve alors dans le département de l'Ourthe.

Un projet de fusion entre Hermalle et Clermont est repoussé en 1801 au motif que « la commune de Hermalle possède assez de citoyens instruits et n’est point susceptible d’être réunie à une autre. »

De 1804 à 1813, on construit la route de Liège à Huy sur la rive gauche par Tilleur, Flémalle, Engis où l'on établit un quai et Ampsin.
Jusque-là, le trajet était plus que difficile :

« De Liège à Huy, on prenait le long de la Meuse, par des chemins de traverse en très-mauvais état, la plupart du temps impraticables, lesquels, d'Engis à Flône, étaient un véritable coupe-gorge, ce qui a fait donner à ce périlleux passage le nom de la Mallieue ».

Ces chemins auraient dû pourtant être praticables car les communes étaient tenues de les entretenir comme le mentionne un document de 1724 où les états-députés de Liège qui, à divers intervalles, ont fait travailler à leur amélioration, demandaient que les réparations à effectuer par les communes fussent ordonnées sans délai, et que les manants de Tilleur, de Jemeppe, de Flémalle, etc., « fussent obligés de se servir de charrettes propres à pouvoir charrier à la même largeur qu'il se pratique dans les autres endroits du pays. »  N'oublions pas que le service de la poste aux lettres se faisait par des hommes à cheval, qui sortaient de Liège par la montagne Saint-Gilles, descendaient la montagne de Tilleur, puis, au bas des vignobles, suivaient ce qu'on appelait encore en 1846, « le chemin de la poste », traversaient Flémalle entre l'église et le château, et poursuivaient « par le pied des montagnes ».

Il y avait aussi le transport par bateau entre Liège et Namur, mais il pouvait être interrompu soit par les crues et la violence du courant, soit par le manque d'eau lors de chaleurs excessives.
En temps normal, le temps mis par la malle est sensiblement le même que par le bateau : en 1843, le trajet Liège-Namur met 7 heures en bateau avec une escale à Huy ; «  pour les autres points intermédiaires, ce sont les fermiers des passages d'eau qui conduisent les voyageurs à bord, ou qui vont les y chercher, sur le signal donné par le bateau. » [H.G.]
Mais cela n'a pas toujours été le cas parce que les chemins de halage sur la Meuse, qui devaient avoir ainsi la largeur réglée par la coutume pour les chemins antérieurs aux nouvelles chaussées (trente-deux pieds soit ± 9,5 m), comme la route de Liège à Yvoz, avaient, comme celle-ci, été successivement rétrécis, et finalement réduits à peu de chose par les empiètements des riverains qui étaient pourtant tenus légalement à les entretenir. [H.G.]


L’Empire impose l’abornement des limites communales et la définition des parcelles pour constituer un cadastre, seule façon de répartir équitablement l'impôt foncier.  

Les bornes étaient des blocs de granit de 70 cm de haut, taillés pour la partie qui émerge du sol ; il en subsiste trois sur les seize qui démarquaient Hermalle de Clermont.  La lettre C est gravée en creux sur la face qui regarde Clermont et la lettre H sur la face opposée. Elles se trouvent au sommet du Sart Lombart, dans une prairie de la ferme D’Ans-Lamontagne et au Groupe (sommet de la rue Camille Lecrenier).  

Relevé cartographique des bornes

Relevé des bornes sur fond d'une carte de Philippe Vandermaelen – © BMG.

La délimitation se fait à Hermalle-sous-Huy le 3 avril 1810 par le géomètre du cadastre, en présence du contrôleur des contributions, du maire hermallien J. J. Ant. Mataigne et des maires des communes limitrophes. Le procès-verbal dressé en double exemplaire décrit précisément la « frontière » en citant le trajet parcouru de bornes à bornes, le long de ruisseaux, de haies, de prairies, en mentionnant le nom de chacun des propriétaires des parcelles limitrophes ; il est accompagné d'un relevé sous forme de carte (un exemplaire de ces documents se trouve encore aujourd'hui à la Direction régionale du Cadastre de Liège, Service du Plan).

Ce document cite clairement, comme appartenant bien à Hermalle-sous-Huy, un moulin à eau situé à l'extrémité ouest du village, au bas de la colline dite Thier d'Olne, sur l’une des quelques parcelles de terrains hermalliens enclavés dans l'actuelle section administrative de Ombret (commune d'Amay).
Assez peu connu en ce début du XXIe siècle, sis au 26 de la rue Fouyet qui descend en escaliers et sentier en forte pente vers la rue du Centre ombrétoise, il possède une grande roue à aubes verticale invisible de la rue car située à l’arrière du bâtiment flanqué d’une habitation en pierre calcaire formant un L.

Quant à son origine, on ne sait rien – sauf qu’il est très ancien.  Étant donné l’occupation du Thier d’Olne par une famille aristocratique au Haut Moyen Âge (lire notre page dédiée au Thier d'Olne) et le développement des moulins hydrauliques en Europe occidentale dès avant le XIIe siècle,  certains pensent que l’origine du moulin pourrait remonter à cette époque… Selon une brochure éditée par l’association Harimala en 1976, un document attesterait l’existence d’un moulin banal sur l’Oxhe en 1456.

Le moulin est alimenté en eau par une dérivation du ruisseau d'Oxhe établie à partir du Pré Nizet (coordonnées Lambert x 218882, y 137290) ; elle amène l'eau par un tracé parallèle au cours d’eau, mais sinuant, longeant la Vignette et passant sous la Grand route d'Ombret qui, à ± 30 mètres à l'est, enjambe l'Oxhe.  Ce bief est visible le long des maisons de la rue Thier d’Olne ; depuis 1967, il est classé en 2e catégorie par la Région wallonne et possède donc un statut public. 
Cette dérivation animait aussi trois autres moulins en contrebas, comme l'indique la signalétique de quatre roues à aube sur la carte de Ferraris du XVIIIe siècle.

Carte de Ferraris où sont situées les 4 roues des moulins

De droite à gauche, au fil de l’eau : Moulin de Hermalle, Moulin d’Ombret, Moulin dit Moutons frères au XXe s., Moulin en bord de Meuse.

L’eau du bief, dont le débit était régulé par des vannes placées en amont, et qui chute encore en cascade d’une hauteur de plus de quatre mètres, entrainait la roue à aubes par le dessous, lui transmettant une partie de son énergie cinétique.  Cette roue, par un arbre horizontal et une série d’engrenages, actionnait les meules à grains alimentées en céréales par les trémies situées au 2e étage du moulin et permettait de moudre quelque 150 kg de blé/heure, remplaçant ainsi le travail manuel de 40 personnes.

Photo du bief

Arrivée du bief près des habitations
Photo de la façade à rue

Façade en L, habitation à gauche, moulin à droite
Photo de la cascade

Chute d’eau derrière le bâtiment

Photo de la roue

Roue à aubes, l’eau arrivant de la droite
Photo des engrenages

Engrenages

Photos BMG mars 2010
Photo des trémies

Trémies


L’occupation française génère d’autres obligations comme celle, par exemple, de payer l’impôt sur les portes et fenêtres ; pour y échapper, les propriétaires vont murer les baies et celles-ci vont rester closes des décennies durant comme le prouve la photographie de la façade nord de la Ferme castrale, datée de juillet 1911 :

Photo de la tour-porche

La tour-porche en juillet 1911.
Détail : photo des baies murées par des briques

Détail des baies murées.
Détail : photo d’une sctructure métallique à quelques mètres du porche

Détail de la structure métallique à l’avant-plan.

Cette photographie — nous n'en connaissons pas l’auteur que nous remercions de bien vouloir se faire connaitre —,
datée au verso 12 juillet 1911, montre devant le portail une structure métallique et des bornes de pierre.  

La structure est celle d’une pompe à corde (dite aussi pompe à godets), mue à bras par la manivelle et dont le fonctionnement est simple :
une chaine sans fin munie de boules ou godets descend dans un puits (le brin descendant est clairement visible sur le photo) où la chaine à godets, en remontant dans un tuyau (le 5e « pied »  que l’on aperçoit sur la photo), pousse l’eau à s’élever jusqu’au bec verseur.  

Les bornes servaient à protéger la pompe des véhicules (charriots ou camions avec citerne) dans lesquels l’eau était déversée.
L’inclinaison de celles de la photo témoigne à suffisance des chocs qu’elles ont subi de la part des véhicules.


Le tout début du XIXe siècle voit Napoléon Ier loger au relai de poste de Hermalle, dit-on. 
Ses troupes, tout au moins, y séjournent puisqu'il existe une lettre adressée à sa famille par le fantassin Hubert-Joseph Jaminet, depuis son cantonnement à Hermalle :

« Est-ce que mon frère Jean-Joseph est encore capable de lire et écrire ?  Envoyez-le à l'école pour qu'il puisse apprendre ! Un soldat qui ne connaît pas son ABC est condamné à la misère. »

Dans Fairon (Émile ) et Henri Heuse, Lettres de grognards, Liège, 1936, p. 376.

La défaite de Napoléon à Waterloo, en 1815, met définitivement fin à l'occupation française de nos régions.
Les vainqueurs décident de reconstituer les anciens Pays-Bas bourguignons sous forme d'un nouvel état, le Royaume-Uni des Pays-Bas, qui doit servir de tampon entre l'Angleterre et la France.  Cette construction politique ne va pas durer très longtemps (jusqu'à la Révolution belge de 1830) mais permet notamment une forme de restauration de la noblesse qui avait perdu le droit à ses titres depuis l'époque de la Révolution française.

Le nouveau roi, Guillaume Ier des Pays-Bas, rétablit la noblesse et lui attribue une place dans le système politique. Mais la « restauration » des titres ne s'obtient pas sans payer des frais élevés ce qui crée une « nouvelle noblesse » excluant les anciennes familles appauvries, notamment, par l'émigration qu'elles avaient connues.

Mathias Guillaume II de Louvrex, Seigneur de Ramelot et baron de Hermalle à la fin du XVIIIe siècle a épousé
Marie-Josèphe (dite Joséphine) Hougardy, donc devenue baronne de Hermalle.


Les Warzée d'Hermalle :


Après le décès de Mathias Guillaume, Marie-Josèphe se remarie le 14 mai 1807 avec Charles Nicolas Joseph Warzée, ce qui fait passer le domaine de Hermalle dans une nouvelle famille : la Warzée, bien connue dans le pays de Liège comme à l'étranger grâce à l'éminent jurisconsulte Charles-François-Joseph Warzée (également député aux États de Liège en 1785).

À peine plus de huit mois après leur mariage, « Joséphine » et Charles-Nicolas-Joseph ont un fils : Charles Eugène Joseph nait le 27 janvier 1808... et sa mère décède le 5 février suivant.

Suivant la tradition familiale, Charles-Nicolas-Joseph, apparemment l'ainé de 12 frères et soeurs, a fait des études de droit (à Paris) puis s'est installé à Liège comme avocat ; en janvier 1809, il est nommé juge auditeur à la Cour de Liège, et deux ans plus tard avocat général. Le 11 juillet 1812, il se remarie avec Georgine-Rose-Joséphine de Rome de Hollogne dont il aura aussi un fils.

En 1816, il entre dans le corps équestre de la province de Liège, où il va siéger de 1817 à 1830 et où il soutient fortement le point de vue du gouvernement [Dumoulin] ; il est donc désormais incorporé à la noblesse nationale. En 1817, il obtient de Guillaume Ier la concession du titre de baron et s'appelle donc baron de Warzée d'Hermalle. Ce n'est pas le fils qu'il a eu de Joséphine, qui va transmettre ce titre, mais celui de sa seconde épouse.

Blason : cartelé aux 1 et 4 de sable semé de fleurs de lys, aux 2 et 3 d'argent au lion de sable armé et lampassé de gueules, écusson d'azur chargé d'une croix ancrée d'argent
Armes : écartelé ; aux 1 et 4 de sable semé de fleurs de lys d'argent ; aux 2 et 3 d'argent au lion de sable,
armé et lampassé de gueules ; sur le tout un écusson d'azur chargé d'une croix ancréd d'argent.
Pour mémoire, le sable semé de 6 fleurs de lys d'argent constitue les armoiries de Hermalle-sous-Huy.


Ce serait Charles-Nicolas-Joseph de Warzée d'Hermalle qui fait édifier la tourelle d'angle dans la cour d'honneur et la galerie vitrée qui orne la façade principale de cette cour selon l'ouvrage dirigé par Albert de Visscher [Visscher].  Le conditionnel est de mise puisque la tourelle est surmontée d'une flèche en fer forgé portant la date de « 1853 », date à laquelle la propriété n'appartient plus aux Warzée.
Mais d'autres importants travaux interviennent :

«  Mais depuis [le XVIIe siècle], si l'extérieur est resté intact, il n'en est pas de même de la décoration intérieure, profondément remaniée en 1850.  De magnifiques gladiateurs en plomb, sculptés par Delcour, ont cédé la place à des chimères de pierre [de par la volonté d'une baronne de potesta - voir plus loin], de grandes fenêtres ont remplacé les embrasures à meneaux tandis que subsistait un salon du XVIIIe s. aux moulures ajourées encadrant des toiles peintes représentant, probablement, des scènes de chasse de Louis XIV. » [Bron & Bronne de Potesta].

On note aussi qu'il y eu contestation de 1826 à 1834 entre le baron de Warzée d'Hermalle et la commune, au sujet d'une place publique située devant le château ; cet endroit doit être la drève actuelle de la ferme castrale, le long de la rue gerée [AR P1/48 - 7].

lithographie représentant le château

Jean-Louis Van Hemelryck, lithographie publiée dans de Cloet, Châteaux et Monumens des Pays-Bas Faisant suite au Voyage pittoresque, dédié à S.A.R. la Princesse d'Orange, vol. II, Jobard Frère, 1829.

En 1829, le baron de Warzée d'Hermalle s'oppose à la majorité de ses pairs qui veulent s'affranchir de la tutelle de La Haye ; il défend le ministère, réprime passionnément les délits de presse et s'attire la colère de l'opposition. Lors des journées révolutionnaires, il est contraint de quitter Liège et est destitué de ses fonctions par le Gouvernement provisoire en 1830 [Dumoulin].

Son premier fils, qu'il a eu avec « Joséphine » et qui était domicilié à Hermalle-sous-Huy, décède le 20 janvier 1846 à Liège.  Ses obsèques se déroulent 7 jours plus tard à Hermalle-sous-Huy. Il semble bien qu'il ait été enterré face au porche de l'église Saint-Martin de Hermalle-sous-Huy.  Lire Les mystères de la grotte de Lourdes de Hermalle-souHuy...

Charles-Nicolas-Joseph meurt en mars 1852 dans le château de Ramelot dont il est devenu propriétaire par son mariage avec Joséphine, elle-même héritière de cette enclave du Duché de Luxembourg en terre liégeoise, achetée en 1700 comme résidence de plaisance par Mathias-Guillaume I de Louvrex.
Le château de Ramelot est vendu au baron de Whettnall, un noble anglais établi à Liège, et sort donc de la succession Warzée comme Hermalle en est sorti en 1849 :
 

copie de l'annonce Journal des débats politiques et littéraires du mardi 5 juin 1849, Paris, conservé chez Gallica.

VENTES D'IMMEUBLES.

Vente de la TERRE D'HERMALLE-SOUS-HUY, EN BELGIQUE.

Lundi 2 juillet 1849, dix heures du matin, à l'hôtellerie des Sieur et dame Dessart, à Lamallieue, commune de Hermalle-sous-Huy, province de Liège, sur la grande route de Huy à Liège (Belgique), il sera procédé par !e ministère du notaire Guénair, résidant audit Hermalle, à la vente à l'enchère publique de la belle TERRE jadis seigneuriale de HERMALLE-SOUS-HUY; consistant, en un vaste et superbe château d'architecture ancienne. Remises, écuries, serres, chenils, étangs, jardin anglais, allées, bosquets, bois taillis, grands batimens d'exploitation et logement de fermier, terres arables, prairies, vergers, légumiers; le tout d'une superficie de 252 hectares, dont 105 hectares en bois d'un seul tenant, faisant suite continue au pourpris [enceinte qui enferme un espace] du château, qui contient 21 hectares.

Ce domaine est situe dans le beau vallon de la Meuse, à deux myriametres [unité de mesure valant 10 km] de la ville de Liége, un myriamètre de celle de Huy ; les terres et prairies en sont presque toutes de première classe ; une route de l'Etat, le chemin de fer de Namur à Liège, un chemin vicinal de grande communication, la navigation à vapeur de la Meuse, rendent toutes rotations faciies et rapides. Lorsque le chemin de Namur a Liège, à la veille d'être terminé, sera livré à l'exploitation, le trajet de Hermalle à Paris pourra se faire en douze heures. Tous les bâtimens, couverts en ardoises, sont dans le meilleur état d'entretien.

La propriété pourra être visitée à volonté par les amateurs jusqu'au jour de la vente. Descendre au passage d'eau de la Mallieue, si on arrive par bateau, et à ladite hôtellerie Dessart, relais des diligences, si on arrive par voiture.


Cet extrait d'article permet de douter fortement de ce que raconte la tradition familiale, révélée par l'humoriste Jérôme de Warzée d'Hermalle dans l'émission Mon plus beau village, diffusée le 22 aout 2020 : M. de Warzée, son grand-père, aurait perdu la propriété en jouant aux dés !

En résumé :

Mathias Guillaume II de Louvrex, Seigneur de Ramelot et baron de Hermalle + Marie-Josèphe, dite Joséphine, Hougardy.

Marie-Josèphe, dite Joséphine, de Louvrex-Hougardy (Hermalle-sous-Huy 9.12.1782 - Liège 05.02.1808) + Charles-Nicolas-Joseph Warzée * le 14 mai 1807 =>

Charles-Eugène-Joseph de Warzée d'Hermalle (Liège 27.01.1808-Liège 20.01.1846), baron de Hermalle sans transmission du titre à ses descendants + Marie Isabelle Adélaïde de Gomzé - décédé avant son père :

* Charles-Nicolas-Joseph (de) Warzée (d'Hermalle) (Ciney 5 juillet 1776-Ramelot 5 mars 1852) + Georgine-Rose-Joséphine de Rome de Hollogne (Liège 19 avril 1790-Hollogne aux Pierres 8 février 1854)  => Charles-Joseph-Gustave de Warzée d'Hermalle

Charles-Joseph-Gustave, baron de Warzée d'Hermalle (Liège 1.05.1813-Bouillon 27.11.1877) –> transmission du titre de baron de Hermalle à ses descendants + sa cousine Hortense Louise Constance Warzée (Liège 22.07.1813-Liège 22.04.1880)

                vente du château à M. Charles de Potesta


Sur le plan de l'activité industrielle, le développement de l'industrie du bois, du charbon et du fer profite de l'invention de la machine à vapeur mais souffre du peu de moyens de communication : depuis le XVe siècle, le fleuve constitue le meilleur moyen de réaliser des échanges interrégionaux mais le caprice des crues peut paralyser le trafic des marchandises comme des voyageurs ; d'autre part, si le courant rend assez rapide la descente du cours d'eau, le trajet vers l'amont est lent puisque les barques sont touées (tractées) par des chevaux et même par des hommes, des femmes ou des enfants qui arpentent le chemin de halage.

Sous le régime français, on l'a déjà vu, la rive gauche de la Meuse a été dotée, enfin, d'une grand-route carrossable correspondant à la politique de développement routier de l'Empire mais dès l'annonce de l'invention de la locomotive (1804), les industriels se sont mis à rêver d'un chemin de fer qui constituerait le moyen de transport le plus fiable et le plus rapide.

Dès avant 1830, les industriels liégeois et anversois ont donc souhaité l’établissement d’une voie ferrée à l’image de ce que les Anglais ont commencé à réaliser en 1811. John Cockerill, qui a ouvert son usine en 1817 en bord de Meuse et qui doit faire voyager sa production par [fardiers] et barques en forme de pontons, soutient évidemment ce souhait - et d'autant plus car il va construire des locomotives !

Un mémoire du Comité d'industrie et d'agriculture de Liége propose en octobre 1830 de construire un chemin de fer d'Anvers à la frontière prussienne. Le gouvernement de la toute jeune Belgique commande une étude sur ce projet en 1831 ; trois ans plus tard, le 1er mai 1834, la mise en place d'un réseau de base à 4 axes (nord, sud, est, ouest) est votée, un emprunt est contracté par l'État.
Tout va très vite ensuite :

- 5 mai 1835 : la ligne Bruxelles-Malines est inaugurée avec un triple convoi tracté par les locomotives « la Flèche », « Stephenson » et « l'Éléphant ».  Elle constitue la première ligne de trains de voyageurs à vapeur de Belgique et d'Europe continentale ;
- 1838 : Le chemin de fer, colossale entreprise, percera la montagne douze ou quinze fois.
À chaque pas, on rencontre des terrassements, des remblais, des ébauches de ponts et de viaducs, ou bien on voit au bas d'une immense paroi de roche vive une petite fourmilière noire occupée à creuser un petit trou.  
Ces fourmis font œuvre de géants.

Victor Hugo, En voyage, 1838 - à propos de la Belgique
- fin 1843 : 559 km de réseau sont fonctionnels ;
- 21 mai 1845 : l’État cède à des sociétés privées le droit de construire de nouvelles lignes, et notamment la construction et l'exploitation de la ligne Namur—Liège. C'est la « Société des chemins de fer Namur—Liège et Mons—Manage » qui entreprend les travaux dont l'achèvement est prévu pour le 21 mai 1847.
Le tracé de cette voie de chemin de fer va emprunter la rive gauche de la Meuse, doublant en quelque sorte celui de la grand-route, mais l'obtention difficile des expropriations et les difficultés techniques de réalisation, qui obligent au percement de trois tunnels, entrainent des retards ;
- 20 avril 1948 La Commission des pétitions de la Chambre des Représentants indique qu'une pétition a été signée par les administrations communales et plusieurs habitants de Chokier, Awirs, Engis, Hermalle-sous-Huy et Flône qui demandent de prendre des mesures pour continuer et activer les travaux du chemin de fer de Namur à Liège.
Il en va de même à Ougrée, Flémalle-Haute, Flémalle-Grande, Seraing et Jemeppe.  
Et aussi à Antheit, Neuville-sous-Huy, Tihange, Amay, Ombret-Rausa, Villers-le-Bouillet et Ampsin.
Et également à Andenne.  
- 1850-1851 : la ligne Namur-Liège, construite à double voie dans le val mosan, est ouverte par tronçons en 1850 (Val-Benoît - Bouge) et 1851 (Bouge –  Namur, puis Val-Benoît – Liège-Guillemins). 

La ligne est officiellement inaugurée le 18 septembre 1851 et l'arrivée du train en gare de Huy est saluée en musique sur l'air de Charles VI «  Non, jamais en France Jamais l'Anglais ne règnera » - regrettable maladresse étant donné que les concessionnaires de la ligne étaient... anglais [Damoiseaux].

L'exploitation de la ligne (dite aujourd'hui la 125) est reprise, le 28 juin 1854, par la Compagnie du Nord-Belge, une filiale administrative de la « Compagnie du Nord » des Rothschild français.
La ligne est raccordée aux chemins de fer de l'État à Namur et à Liège.  Des travaux gigantesques ont été entrepris, notamment la construction d'un mur d'eau de 467 mètres à La Mallieue, partie de la commune de Hermalle-sous-Huy sise sur la rive gauche et où est installée la « gare de Hermalle ».

Les entreprises se développent grâce au chemin de fer, le tourisme aussi, et les guides touristiques nous laissent des informations précieuses :

Vue des usines à gauche, la Meuse au milieu, une ferme et les collines à droite

Louis Huard, illustration de La Mallieue dans le Guide du voyageur de E. Wardy.

« Les rochers que côtoie le railway continuent de se montrer à découvert jusqu'à la Mallieue, un assez pauvre village dont les maisons, couvertes en chaume et pittoresquement groupées au pied des hauteurs, contrastent, dans leur aspect rustique et délabré, avec les récentes constructions de la fabrique de zinc qui les avoisinne.
(…) Au pied d'une roche calcaire qui domine le fleuve sur la rive droite, on aperçoit un édifice qu'on désigne sous le nom de château d'Engihoul. » [Wardy]


Le château d'Engihoul :


photo XXe siècle

Même si l'on affirme que ce château a été édifié en 1840 à l’initiative du comte Ferdinand Charles Marie Ghislain de Marotte de Montigny, on doit supposer qu'il existait auparavant (ou qu'un autre manoir avait existé à cet endroit) car il existe aux archives de l'État un acte de vente du château d'Engihoul par Dieudonné-Joseph Devillers, marchand d'armes à Marie-Barbe comtesse de Marotte daté 1839

En tout cas, la fille du comte Ferdinand, Caroline Marie, épouse Eugène Henri Hyppolyte Poswick (fils du général-major belge du même nom), bourgmestre d'Éhein et membre de la Sté liégeoise de littérature wallonne et on appelle alors le manoir « château Poswick ».
Ce couple transmet le bien à leur fille Marie Éléonore Henriette qui épouse, le 2 octobre 1901 à Éhein, André Marie Julien Wielemans, major d'infanterie qui sera fait prisonnier par les Allemands en novembre 1914.
Et l'appellation du manoir devient « château Wielemans »…

Au début de la Première Guerre mondiale, en aout, près de 5 000 Allemands campent aux alentours de la propriété. Le 4 septembre, des matelas et autres objets du château sont distribués aux pauvres d'Engis par les Allemands. Le 14 septembre 1914, le sous-percepteur des Postes Alphonse Pierre Joseph Dumont, époux de Marie Émerence Divory, est emprisonné par l'occupant dans le bâtiment qui sert aussi de cachette à deux soldats allemands qui avaient, sous ivresse, malmené des personnes à Clermont-sous-Huy ; pris par l’autorité allemande, ils sont exécutés. 
Marie Éléonore va se réfugier chez le baron de Macar.
 
Le manoir a été construit dans le style néo-classique fort apprécié par la bourgeoisie de l'époque, dans un parc doté de quatre étangs poissonneux. Il comporte deux ailes, de part et d’autre d’une rotonde bicolore, et un étage, la façade principale donnant vue sur la Meuse ; une ferme complète la propriété.

En 1969, manoir, ferme et terrains seront expropriés et détruits pour la construction de la Nationale 90, voirie d’évacuation en cas d’accident nucléaire aux centrales de Tihange.

Une partie des terrains servira d'emplacement à la société Knauf à partir de 1974.



En 1858, le Dictionnaire des Communes, Hameaux, Châteaux, Fermes, Hauts Fourneaux, Charbonnages, etc. du Royaume de Belgique indique pour Hermalle 530 habitants et 121 maisons auxquels il faut ajouter ses hameaux : Chaumont 58 habitants, 15 maisons, Ombret 61 habitants et 9 maisons, La Mallieue 123 habitant et 30 maisons.

Un autre guide de voyage, parisien, qui décrit le tracé de Liège-Namur cite, pour 1859, Hermalle (772 habitants) comme 9e station de la ligne et Engis (1187 habitants) comme 10e.

Six convois circulent chaque jour et mettent 2 h 10 ou 1 h 25 (express) pour relier Namur à Liège.  Le prix en 1ère classe (appelée «  diligence ») est de 6,20 BEF pour le trajet express et de 5 BEF pour le voyage ordinaire ; en 2e classe (dite «  char à bancs ») respectivement de 4,70 et 4,80 BEF.  Les enfants de moins de 8 ans payent demi-place ; les chiens sont placés dans le wagon à bagage ou soumis au coupon de 3e classe.

les 3 classes de wagons du Nord Belge

De haut en bas, wagon de 1ère, 2e et 3e classe du Nord belge - Auteur : A1AA1A

Le guide ne donne pas le prix de la 3e classe que composaient les « wagons » mais il précise :

« II n'est permis de fumer que dans les voitures de 3e classe ; mais la race humaine, outre sa division en deux sexes, étant encore désormais divisée en gens qui fument et gens qui ne fument point, il a fallu réserver, même dans les diligences, une place spéciale à la classe importante des fumeurs. Sur les compartiments qui leur sont réservés est écrit le mot : tabagie. De la sorte, les affinités et les répulsions sont du moins averties; et les personnes que la fumée de tabac incommode ne sont point exposées, une fois montées dans un wagon, à entendre cette impertinente question : « l'odeur du tabac ne vous incommode point ? » proférée par un individu qui a déjà un cigare allumé à la bouche. »

Cette 3e classe est pourtant encore trop couteuse pour que les ouvriers puissent l'utiliser couramment ; ils ne le feront qu'après la création de l'« abonnement ouvrier à la semaine », en 1870.

En 1876, le Nord-Belge remplace la gare d'Engis (qui avait été inaugurée le 18 novembre 1850 et était alors flanquée d'un passage à niveau pour l'accès à la seconde voie), et en 1884 celle de Hermalle sur un même modèle architectural créé à Paris et utilisé pour les lignes de la société : « Bâtiment central de deux niveaux sous bâtière, flanqué de part et d'autre d'une aile basse sous bâtière.  Les besoins du service déterminent la longueur de l'aile. Portes et fenêtres adoptent l'arc bombé.  Des pilastres d'angle en brique à bossages marquent ailes et corps central. »

photo de la gare de Hermalle photo de la gare d'Engis

Gares de Hermalle (à gauche) et Engis (à droite) en aout 2007
Auteur : Sonuwe – Sous Licence de documentation libre GNU.

La ligne va être nationalisée le 10 mai 1940 et électrifiée en septembre 1970, permettant le passage à vitesse maximale de 120 km/h. Elle dépend donc de la SNCB. (Lire Remerciements)

Le chemin de fer a facilité l'accès à des emplois éloignés mais pour atteindre la gare de Hermalle sise sur la rive gauche, les habitants des hameaux des Houx et des Fontaines devaient parcourir, à pied le plus souvent, quelque 3 km de forte pente, par tous les temps.
La gare de Hermalle servait aussi aux habitants de Saint-Georges qui la rejoignaient par le chemin de la Boulade reliant la rue de la Baume à la Mallieue pour aller travailler dans le bassin industriel liégeois.  Ce chemin a disparu lors de l'extension des carrières Dumont-Wautier.

embranchement du chemin à la Maillieue

On note la présence, face à face, de deux cafés…


En 1835, Hermalle, dont la superficie est de 484 h. 16 a. 49 c., compte 590 habitants répartis dans 90 habitations construites en pierres et briques, couvertes de paille et parfois d'ardoises et de tuiles (66 maisons au centre du village, 14 à la Mallieue, 7 à Chaumont, 2 à Ombret et la ferme de Hottine).  
Le bourgmestre est un certain Muraille et le village compte un notaire, D. Guénair.  La majeure partie des terres est labourable et produit froment, seigle, épeautre, avoine. Très peu de fourrages, selon le Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège qui recense pourtant 40 chevaux, 100 vaches, 550 moutons. Le ruisseau d'Oxhe peuplé de truites, qui serpente à travers bois et taillis, alimente un moulin à farine ; la commune compte aussi deux brasseries et une usine alunière à la Mallieue.  
La seconde édition du Dictionnaire géographique de la Province de Liège de Henri Del Vaux de Fouron précise, en 1841, que les deux iles de la Meuse, à Hermalle, fournissent pour l'une, la Grande-île (ou Île de Chaumont dans la Carte de Ferraris), du foin et des céréales et pour l'autre du foin et des osiers.  Ces iles vont disparaitre lors de la canalisation de la Meuse.

carte de Vandermaelen avec l'emplacement des iles

Le nombre d'habitations augmente légèrement :

Année Hermalle Mallieue/Maillieux Chaumont Ombret Fermes isolées
1835 66 14 7 2 Hottine
1841 98 19 12 6 Hottine, Sart-Lombard

Le 24 juin 1840 est né à Hermalle Léon Jean Joseph Degive ; il va devenir bourgmestre d'Ivoz-Ramet et membre du conseil provincial.  Il décède à Flémalle le 9 novembre 1917.[Mémorial]

Le 28 février 1844, les campagnes de la rive gauche sont partiellement submergées à Ampsin et à Amay (rive gauche) ; le village d'Ombret ainsi qu'une partie de Hermalle, sur la rive droite, sont sous l'eau. En fait, les deux rives sont presque entièrement recouvertes de l'aval de Flône jusqu'à Liège et à Seraing, les ateliers de John Cokerill, ayant été envahis par l'inondation, ont dû suspendre la fabrication du fer. [H.G.] 

Les autorités décident la canalisation de la Meuse mais en décembre 1848 débute une épidémie de choléra asiatique dans la province ; elle s’affaiblit en avril puis reprend vigueur à Herstal où une foule d’ouvriers travaille à l'endiguement du fleuve, s’étend et cause au total 4 909 décès. Les autorités tentent en vain de comprendre le cheminement de la maladie qui ne touche pas systématiquement des communes contigües.  Ainsi, dans l’arrondissement de Huy, ne sont atteintes qu’Amay, Ben-Ahin, Borlez, Couthuin, Hermalle-sous-Huy, Landenne, Ombret-Rausa, Seilles, Soheit-Tinlot, Vinalmont et Warêt-l’Évêque… Hermalle (5 malades dont 3 décès) est contigüe à Ombret (6 malades, 2 morts), il est vrai, mais aussi à Clermont-sous-Huy qui reste indemne ; Flémalle perd 78 personnes mais Engis n’a aucun malade…
Selon les déclarations du bourgmestre de Hermalle, G. S. J. Piette, sa commune et les ateliers de l'usine à zinc de la Société de la Nouvelle Montagne (situés partie sur Hermalle et partie sur Engis) sont exemptés au fléau en 1849 et 1854.


En 1853, la propriété seigneuriale est vendue au baron Charles-Louis-Marie de Potesta.


La famille de Potesta - I :


La famille de Potesta descend de Jean De Corte dit Curtius, industriel liégeois du XVIe siècle.
Elle s’est divisée en deux branches à partir des enfants de Charles Louis René de Potesta (Couthuin 1769-3/5/1834) + Henriette de Rosen (1775-1867) : les « de Potesta de Waleffe » avec Louis Marie René de Potesta de Waleffe, et les « de Potesta » avec Charles Marie Louis de Potesta qui achète Hermalle et influence son avenir.

Charles Marie Louis de Potesta est dit d’Engimont ou Engismont car il possède le château d'Engismont (aujourd'hui disparu, à l'emplacement approximatif du Royal tennis club Mosa actuel).

carte postale représentant le château

Il a épousé le 26 avril 1825 une jeune femme fort riche, lointaine descendante de Vossius, Anne Marie Delheid de Paludé (1802-1874).

Il a demandé, lui aussi, à faire partie du corps équestre [T 008 - 104 /29].  
Il est propriétaire d’un élevage de chevaux réputés, et est devenu échevin puis, en 1830, bourgmestre d'Engis.

photo de l'échevin en uniforma

Charles Marie Louis de Potesta d'Engismont en uniforme d'échevin :
Habit-frac en drap bleu du roi, doublé en soie blanche; collet droit; une rangée de neuf boutons en argent; broderies en argent. Culotte et gilet à une rangée de boutons, de casimir blanc; souliers à boucles d'argent. Chapeau à la française, avec plumes noires, avec ganse en argent à graine d'épinards et cocarde nationale. Epée droite le long de la cuisse (nacre et argent) - coll. privée


Il accroit son prestige par l'achat du château de Hermalle et souhaite porter le nom de Hermalle, mais cela est rendu impossible par l'existence des de Warzée d'Hermalle.  

En 1856, il fait faire d'importants travaux au château et à la ferme castrale, commençant d'ailleurs par doubler le volume de l'aile est de celle-ci, englobant de la sorte la parcelle, encore aujourd'hui cadastrée cimetière, qui se trouve face au porche de l'église et où se trouvait le tombeau du baron Charles Eugène Joseph de Warzée d'Hermalle. Lire notre article Les mystères de la grotte de Lourdes de Hermalle-sous-Huy.

Suivent les aménagements des dépendances qui bordent la grande cour du château et la construction d'un manège couvert, évidemment intéressant pour l'éleveur de chevaux qu'est Monsieur de Potesta. Cette construction est couverte d'une charpente métallique « à la Polonceau », un type de structure inventée par l'ingénieur Camille Polonceau en 1836 qui libère l'espace intérieur et réduit la poussée sur les supports.  Ceci constitue une première à Hermalle, toutes les charpentes antérieures ayant été construites en bois et c'est également application de la structure Polonceau en Belgique.

photo de la charpente

Charpente à la Polonceau du manège de Hermalle

Toutes ces nouvelles constructions relèvent d'un même style architectural proche de l'architecture industrielle et sans rapport aucun avec le style mosan ancien du château.

photo de la tour   photo aile est de la ferme

À gauche, transformation de la façade d'une tour cornière du XVIIe siècle, à la Ferme castrale, par percement de fenêtres
À droite, façade de la Ferme après agrandissement de l'aile est.

photo de la cour

Façades nord et est des nouvelles dépendances,
faisant face au celle du château dont la photo suit


façade sud du château

Charles de Potesta fait aussi construire, en son nom propre en 1867, ce qu'on appelle désormais au village « les anciennes écoles » :

photo de l'école du baron


et aussi construire la Tour Malakoff près du passage d’eau, y installant un concierge.

photo

Tour Malakoff, construite en 1860 et démolie en 1938 lors de la canalisation du fleuve. 

Charles Marie Louis de Potesta d’Engismont (1800-1889) + Anne Marie Delheid de Paludé (1802-1874) =>
  • Delphine de Potesta
  • Virginie de Potesta
  • Idalie de Potesta
  • Charles Marie Paul de Potesta qui va devenir bourgmestre de Hermalle [Douxchamps].

Charles Marie Paul de Potesta (Liège 1836-Hermalle-sous-Argenteau 1909) + sa cousine Emma Marie Justine de Potesta de Waleffe (Liège 1835-Hermalle 1894, fille de Louis Marie René de Potesta de Waleffe) le 14 juillet 1859 =>
  • Paul de Potesta qui se tue en voiture à La Reid (près de Spa) le 26 juillet 1905,
  • Mathilde
  • Édouard René Charles de Potesta 

Édouard René Charles de Potesta (Couthuin 1868-Hermalle 1911) agrandit le domaine par l’achat de la Cense Cassal, de l'autre côté de la Gerée, et de la ferme aux prés sise à la limite d'Ombret.


tableau représentant le baron
tableau représentant la baronne
Charles Marie Paul Emma Marie Justine

Édouard de Potesta se sert de la tour Malakoff comme d'une d’étape lors de ses voyages en train : il y laisse l’équipage avec lequel il est venu du château et s'y abrite jusqu'à ce qu'on entende le train arriver ; à ce moment, on souffle dans une grande trompe pour informer le mécanicien de ce que Monsieur le baron va prendre le train et de ce qu'il est prié de l'attendre à la gare ! [Ch. de Potesta]

N'oublions pas que Monsieur le baron devait encore traverser la Meuse par le bac pour atteindre la gare…

Il a épousé en 1894 une catholique fort pieuse, Isabelle Louise Julie de Géradon (1873-1957).  
C’est elle qui fait fondre les deux gladiateurs en plomb coulés d'après des sculptures de Delcour parce qu'elle les juge indécents [Ch. de Potesta].
C’est elle aussi qui fait ajouter des hêtres aux marronniers de l’ « allée verte » qui conduit au bas-bois, tandis que la longue allée de 500 m est composée de charmes et de chênes.
C'est elle encore qui, après de décès de son époux, gère le domaine pendant quelques années et manifeste publiquement son désaccord avec les autorités communales.


Édouard de Potesta, dont les pairs disent qu'il apprécie Lamartine, s’intéresse à l’archéologie liégeoise et est d’un caractère très agréable, est fortement affecté par le décès de sa fille Emma, âgée d'à peine 15 ans lorsqu'elle meurt d'une pneumonie (le 12 avril 1910) ; il décède un an plus tard à Hermalle (le 28 avril 1911) après avoir fait dresser, en souvenir, une chapelle de calvaire placée dans le mur de clôture du parc du château, au tournant de la chaussée Terwagne et du Ronheu.
Il a eu aussi un fils, prénommé René, qui hérite du domaine.

Édouard René Charles de Potesta (Couthuin 1863-Hermalle 28 avril 1911) +  Isabelle Louise Julie de Géradon (1873-21 novembre 1957) => Emma et René Édouard Marie de Potesta (voir ci-après)


Les trois filles du premier de Potesta propriétaire du manoir (Charles Marie Louis de Potesta d'Engismont) font des mariages prestigieux :
-
Delphine épouse en 1849 le baron Charles Ferdinand Antoine Balthazar Guillaume de Macar de Potesta (Valenciennes, 13 décembre 1830-Liège, 30 mars 1913) ; il va être bourgmestre de Hermalle-sous-Huy, de 1861 à 1864, et député pour la circonscription électorale de Huy de 1863 à 1892 (date de la dernière prestation de serment.
- Idalie épouse en 1851 Ferdinand de Meeûs d'Argenteuil, fils ainé du premier gouverneur belge de la Société Générale.
- Virginie Marie Joséphine épouse, à Engis le 3 juin de l'année suivante, le baron Gustave Florentin Joseph Marie Mincé du Fontbaré ; elle accouche à Hermalle, le 18 décembre 1856, d'Eugène Charles Marie Joseph ; cet enfant va devenir, entre autres, bourgmestre de Fumal et sénateur.



La tour Malakoff est donc en bord de Meuse, près du bac qui permet le passage du fleuve.
Sauf à être adjudicataire (être le bénéficiaire d'une adjudication), il est interdit de pêcher dans celui-ci ! Que ce soit en temps de frai (période de fécondation) ou non.  

Cela ressort d'un procès intenté à un habitant de Hermalle, Gustave Comhaire, surpris le 21 mai 1857 à pêcher à la ligne flottante tenue à la main - le droit de pêche pour tous a été autorisé à la Révolution française mais annulé sous le Directoire qui voulait que la pêche soit une source de revenus pour l'État.
Acquitté par le tribunal de Huy le 17 juillet, l'homme est considéré coupable par la Cour d'Appel de Liège, le 23 décembre suivant ; ce jugement est réformé, le 24 juin 1858, et l'ami Gustave condamné... à un mois d'emprisonnement, 20 francs d'amende, 20 francs à titre de restitution et aux frais [Orts].

Par comparaison des montants d'amende, un procès qui est allé jusqu'à la Cassation, entre la princesse de Mérode épouse du prince de la Cisterna, et la commune de Hermalle-sous-Huy quant à la plantation justifiée ou non d'arbres dans des pâtures, s'est conclu par la condamnation de la comtesse au versement de 150 francs d'amende, de 150 francs d'indemnité à la commune et aux dépens. p. 7 à 18 [Pasicrisie].

L’habitat traditionnel des petites gens disparait au profit d'habitations plus confortables, en briques et calcaire, construites le long de la chaussée principale (actuelle chaussée F. Terwagne).

Maçons et charpentiers sont les professions les mieux représentées à Hermalle.
La culture de la betterave se développe vers le milieu du siècle et certaines exploitations, comme la Ferme castrale, engagent des saisonniers Polonais ou Flamands.


En juin 1863, le projet d'agrandissement de l'église par l'édification de bas-côtés, qui implique le remaniement de la nef, est admis par la Commission royale d'archéologie qui a cependant signalé que l'inclinaison de la toiture des bas-côtés n'était pas suffisante et ne se trouvait pas en rapport avec celle de la toiture principale ; le devis estimatif était de 15 004 francs.  La nef est remaniée en 1864, le chœur devient une abside à trois pans en 1870. Le résumé des procès-verbaux de la Commission royale des monuments, séances de septembre et octobre 1871 indique qu'un avis favorable est donné pour l'installation de stalles cette année-là.
Un nouvel autel en marbre blanc est placé en 1893 ; les boiseries du tabernacle sont peintes en blanc et or par l'Antheitois Adolphe Tassin, l'un des principaux représentant du style néogothique dans la peinture belge de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

vue de l'autel majeur

L'autel majeur – autel-sarcophage en marbre – encadré par les deux anges adorateurs.
Derrière lui, le tabernacle flanqué de marches disposées sur trois ordres ; 
l'armoire aucharistique pour pyxide et ciboire, ici fermée, est surmontée d'une seconde (ici ouverte) où se place l'ostensoir lors de certaines cérémonies.
Dans la niche de gauche : une Vierge à l'enfant attribuée à Jean Del Cour, dans celle de droite Saint Joseph avec son lys. Juillet 2016

 
On installe en tribune l'« orgue de Molinghen ».

photo de l'orgue      autre photo

Orgue de Molinghen au-dessus de la tribune – le liégeois Philippe Preudhomme au clavier

Cet instrument a été construit vers les années 1870 par les frères François-Joseph et Jean-Mathias Molinghen comme l'indique la signature sur la barre d’adresse au-dessus du clavier : « Molinghen et frères à MORTIER ».  Il est composé de Bourdon 8, Flute 8, Gambe 8 Basse et supérieure (à partir de cis 3), Prestant 4, Doublette 2, Fourniture III-II (3e rang manque), Cornet III (à partir de cis3), Trompette 8 Basse et supérieure (à partir de cis3), d'un clavier de 56 touches et d'un pédalier.  
Cet orgue est mieux adapté pour l'interprétation de la musique baroque que pour celle de son époque.
Si l'instrument est fort moyen sur le plan technique, son esthétique a été particulièrement soignée et offre une fort beau buffet à trois tourelles, suronté d'une statue de Sainte-Cécile, patronne des musiciens.
La restauration de l'orgue, commencée en 1989 par le facteur d’orgues Thomas, n'est pas encore terminée en 2014.

Dans la nef centrale se trouvent une statue du tout début du XVIe siècle (Sainte-Marguerite d'Antioche piétinant le dragon), neuf autres de la première moitié du XVIIIe parmi lesquelles une Sainte Barbe en bois doré, tenant une palme dans les bras et placée à côté d'une tour plus petite qu'elle.  

Ste Marine-Marguerite                   Ste Barbe

L'œuvre a été sculptée entre 1701 et 1750 ; elle a probablement inspiré les villageois qui ont fondé, dans l'église de Hermalle, la Confrérie de Sainte-Barbe le 21 novembre 1836, ce qui leur donnait indulgences plénières et quarantaines.   

Les pierres tombales du XVe siècle et celles de Arnoul de Bierset (†1543) et Marie de Momalle sont laissées en place lors de la rénovation du dallage.

Dans le mur extérieur nord du cimetière, on construit une chapelle et y place un beau Christ en bois, entouré de deux angelots, qui regarde la drève.  Depuis 1995, ce Christ est dans l'église, près des fonts baptismaux ;  il a été remplacé dans la chapelle par un Christ en bronze du XIXe siècle offert par la Ferme castrale.

Les prêtres en charge de la paroisse, le curé Joseph Otto puis le curé Mons, sont des plus actifs !
Il s'occupent évidemment de leurs paroissiens, des messes, mariages, baptêmes, enterrements, de la Confrérie de Sainte-Barbe mais aussi de la Confrérie de Notre-Dame auxiliatrice établie dans l'église de Hermalle le 8 septembre 1842, et de celle des Saints Anges gardiens.

« L'inscription dans chaque confrérie coute 0,50 fr, l'annuité est de 0,16 fr.
Chaque confrère a droit, après sa mort, à une messe chantée à 1 prêtre, à 8 h. (célébrant 3 frs, sacristain 1 fr, organiste 1 fr).  Les inscriptions et annuités se payent au mois d'octobre en main du curé, lorsqu'il fait le tour de la paroisse pour recueillir le Denier de Saint-Pierre - autre Confrérie érigée à Hermalle en 1861. Après la 1ère communion (ordin. le jour même après l'office de l'après-midi, on inscrit dans la confrérie de la Ste Vierge, les enfants qui ont fait leur première communion. »

Louis Mons, curé, octobre 1885, dans un registre de la paroisse.

L'inscription dans une confrérie donne d'autres avantages…  Ainsi, par exemple :

copie du registre paroissial

Les paroissiens peuvent aussi soutenir l'Association de Saint François de Sâles (sic), soit comme associé (0,60 fr/personne) soit par abonnement au « petit Courrier ».


Louis Lepage :

Buste de Louis Lepage

Louis Lepage par Eugène De Bremaeker (1879-1963), en 1955.

Le 6 janvier 1886 à 8 heures du soir, Hermalle voit naitre Louis, Émile, Henri, Joseph Lepage.

Ses parents sont Émile Henri Joseph, ardoisier, domicilié dans la commune, âgé de 32 ans et son épouse Marie Renard, ménagère, âgée de 46 ans, au même domicile.  Ils ont déjà eu un enfant, quinze ans auparavant : Lambert, Louis, Léopold Lepage qui va devenir bourgmestre de Hermalle après la Première Guerre mondiale.

Louis va faire de brillantes études d'ingénieur à l'université de Liège.

En 1928, il est administrateur de la Société belge d’Électrochimie.

En se basant sur les conceptions du Français Georges Claude, il réussit la synthèse industrielle de l’ammoniac à partir de l’azote de l’air et de l’hydrogène (qui n’était alors qu’un déchet de cokerie) et crée, après la Première Guerre mondiale – en 1923 –, la Société belge de l’Azote installée à Renory-Ougrée ; il produit également de l'ammoniac à partir de carbure de calcium (CaC 2 ) via du cyanamide de calcium (CaCN 2 ).

Sa société fusionne avec la Société des produits chimiques du Marly de Bruxelles.

Administrateur-délégué et directeur général de la Société belge de l’Azote et des produits chimiques du Marly, souvent intitulée S.B.A., il en fait un centre de recherches à la renommée mondiale dont le siège est à Liège.

usines du Marly

Usines du Marly

L'entreprise est le plus grand producteur de produits chimiques en Belgique. Elle va produire des herbicides, des explosifs, des engrais azotés à partir d'azote liquide, de l'acétone, du formol, des résines phénoliques, des résines urée, des colles et vernis. 

En 1936, elle fabrique aussi des masques à gaz dont le premier modèle, le "Masque respiratoire SBA", est destiné au marché industriel. D'abord fabriqué en caoutchouc gris, il va être remplacé par du caoutchouc brun et un modèle d'exportation sera fabriqué avec un diamètre de filtre différent.
Remplacé par le modèle L702 moins cher produit en 4 millions d'exemplaires, le produit est exporté aux Pays-Bas, en France, en Suède et en Finlande.

1ère page du mode d'emploi

 

En 1939, la Société belge de l’Azote et des produits chimiques du Marly occupe un stand très remarqué dans la section concernant l'Épuration des eaux (palais 18) de l'Exposition internationale de l'eau à Liège.

En 1939 aussi, la revue La Nature publie dans son n° 3054 du mois d'aout, un schéma montrant l'utilisant des gaz à la SBA en précisant que cette société produit quelque 12.000 litres d'alcool éthylique par jour en moyenne courante.

schéma

En 1939 toujours, Louis Lepage est l’un des représentants, avec Paul de Launoit, des Amis des Musées liégeois qui vont mettre à la disposition de la Ville de Liège cinq millions de francs belges (plus de 3 800 000 €) pour acheter à la vente de Lucerne par Theodor Fischer des œuvres d’art majeures raflées par le gouvernement du Troisième Reich et considérées comme « dégénérées » – car créées par des artistes juifs, « bolchéviques » ou « cosmopolites » – par Hitler, Goebbels et les Nazis qui voulaient utiliser l’argent de la vente pour leur guerre.  Un montage financier avec les Amis des Musées liégeois, l’État belge et la Ville de Liège est approuvé à l’unanimité par le Conseil communal liégeois qui compte pourtant cinq voix rexistes dans ses rangs, la veille de la vente. La maison bleue de Marc Chagall, La Mort et les Masques de James Ensor (ci-dessous), Le sorcier d'Hiva Oa de Paul Gauguin, Monte-Carlo d’ Oscar Kokoschka, Chevaux au pâturage de Franz Marc et La famille Soler de Pablo Picasso, Portrait de jeune fille de Marie Laurencin, Le cavalier sur la plage de Max Liebermann, Le déjeuner de Jules Pascin sont ainsi acquis au profit de la ville de Liège.

les masques se moquent de la mort

La Mort et les Masques
de James Ensor


En 1941, pour compenser la pénurie de médicaments, Louis Lepage fonde une filiale pharmaceutique, la Société des Laboratoires Labaz (Laboratoires de la Société Belge de l’Azote), société de droit belge… qui va finir, après bien des péripéties dans le giron français puis international.


La politique et l'avenir de la belgique concernent vivement Louis lepage :
  • Résistant durant la Deuxième Guerre mondiale, il est nommé Haut-Commissaire à la Défense de la Population civile.
    Ce Haut commissariat à la défense de la population civile est érigé en 1944 au sein du Ministère de l'Intérieur pour coordonner les services publics dans l'assistance à la population et la protection contre le péril aérien. Peu de mois après sa création, ce service est transféré au Ministère des Victimes de la Guerre. Il disparait définitivement en juin 1945 – selon Sébastien Soyer, « Dossier d'étude et de préparation du tableau de tri », Archives générales du royaume et archives de l'État dans les provinces, Direction générale de la sécurité civile, Bruxelles, 2008
  • En 1945, il est administrateur du FNRS (Fonds National de la Recherche Scientifique) qui bénéficiera de subsides récurrents à partir de 1947.
  • Militant wallon, Lepage va faire partie du Conseil d’administration du Conseil national wallon de Radiodiffusion, créé secrètement pour préparer l'après-guerre des ondes radio.
  • Il fait partie du comité directeur du Conseil économique wallon, officiellement né en septembre 1944.
  • Il co-signe l'Accord Schreurs-Couvreur, le 3 décembre 1952, un manifeste approuvé et publié par 50 intellectuels wallons et 50 flamands, qui énonce des principes de base pour la fédéralisation de la Belgique et va avoir un énorme rententissement dans tout le pays.

Il exerce la présidence de la société Petrochim créée en 1951, qui a constitué la première entreprise pétrochimique du port d'Anvers.

Le Conseil des Ministres du 9 mars 1951 lui octroie la Commanderie de l'Ordre de Léopold, en remplacement de la Commanderie de l'Ordre de la Couronne, qui lui avait été décernée le 15 novembre 1948.

insigne de commandant de l'ordre de Léopold

En 1950, il figure parmi les personnalités qui célèbrent le centenaire de l'Institut Archéologique Liégeois

La même année, toujours actif, il lance la société Tensia, l'un des fleurons de la stratégie chimique jusqu'au début 1980, avec la SBA et la Société Générale de Belgique; Tensia va être intégrée ensuite dans Gechem qui en 1983, la revend au groupe pétrolier britannique BP (British Petroleum Group) qui, après la Guerre du Golf de 1990-1991, la cède à Yplon/MC Bride. C'est une des conséquences de l'abandon du secteur chimique liégeois par la Société Générale de Belgique…

L'an suivant, il devient président de la société Petrochim, créée à Anvers.

Louis Lepage meurt à Sprimont le 11 mars 1955, dans la propriété qu'il avait acquise et qui avait appartenu précédemment à des proches de la famille de Potesta de Hermalle comme le Baron Ferdinand van Macar et le comte le Grelle.

château de Presseux

Louis Lepage était membre de la Commission Administrative du Patrimoine de l’université de Liège qui lui a consacré une notice nécrologique élogieuse : 

«  (…) de quelque côté que le regard contemple ce fier visage, Louis Lepage apparaît grand.
Sa prestigieuse carrière d’industriel a été retracée tout empreinte de son audace réfléchie, de son enthousiasme, de son besoin naturel de voir grand et d’élargir les horizons.  On a dit son nom dans la Résistance, son esprit d’entraide, son courage indomptable.  Aux différentes étapes de sa vie, chacun a retrouvé son sens profond de la dignité humaine, son généreux effort pour que tous puissent accéder à une existence plus libre et plus claire.(…) »



Le 24 juin 1875, le roi Léopold II signe un arrêté annonçant que dans l'intérêt des communications entre les localités que sépare la Meuse, un grand bac pour voitures et charrettes sera installé aux frais de l'État au passage d'eau de Hermalle et précise le détail des droits à percevoir pour l'utilisation de ce bac :
  • Pour le passage d'une voiture suspendue à deux roues, attelée d'un cheval ou mulet, conducteur compris, 60 centimes ;
  • Pour le passage d'une voiture suspendue à quatre roues, attelée d'un cheval ou mulet, conducteur compris, 75 centimes ;
  • Pour le passage d'une voiture suspendue à quatre roues, attelée de deux chevaux ou mulets, conducteur compris, 90 centimes ;
  • Les voyageurs payeront séparément, par tête, le droit dû pour une personne à pied ; 
  • Pour le passage d'une charrette chargée, attelée d'un seul cheval, mulet ou deux bœufs , conducteur compris, 75 centimes ;
  • Pour le passage d'une charrette chargée, attelée de deux chevaux, mulets ou quatre bœufs, conducteur compris, 90 centimes ;
  • Pour le passage d'une charrette attelée de trois chevaux ou mulets, conducteur compris, 1 fr . 15 c. ;
  • Pour le passage d'une charrette à vide, cheval et conducteur compris , 50 centimes ;
  • Pour le passage d'une charrette chargée, employée au transport des engrais ou à la rentrée des récoltes, attelée d'un cheval, mulet ou deux bœufs, conducteur compris, 25 centimes ;
  • Pour le passage d'une charrette à vide, employée au transport des engrais ou à la rentrée des récoltes, attelée d'un cheval, mulet ou deux bœufs, conducteur compris, 10 centimes ;
  • Pour le passage d'une charrette chargée, attelée d'un âne, conducteur compris, 10 centimes ;
  • Pour le passage d'un chariot de ferme à quatre roues chargé, attelé de deux chevaux ou bœufs , conducteur compris, 60 centimes ;
  • Pour le passage d'un chariot de ferme à quatre roues à vide, attelé de deux chevaux ou bœufs, conducteur compris, 40 centimes ;
  • Pour le passage d'un chariot de roulage à quatre roues chargé, attelé d'un cheval, conducteur compris, 80 centimes ;
  • Pour le passage d'un chariot de roulage à quatre roues chargé, attelé de deux chevaux, conducteur compris, 1 franc ;
  • Pour le passage d'un chariot de roulage à quatre roues chargé, attelé de trois chevaux, conducteur compris, 1 fr. 50 c. ;
  • Pour le passage d'un chariot de roulage à quatre roues à vide, attelé d'un cheval, conducteur compris, 60 centimes ;
  • Il sera payé, pour chaque cheval, mulet ou paire de bœufs excédant les nombres indiqués pour les attelages ci-dessus, comme pour un cheval ou mulet non chargé et, par âne, le droit fixé pour les ânes non chargés.
  • Le batelier ne pourra être contraint à passer une voiture, charrette ou chariot se présentant isolément que lorsque le conducteur lui assurera une recette de 90 centimes.

Autant dire que le passeur devait avoir une bonne mémoire !

Et que la veuve Hubert Thirion, qui avait été déboutée en octobre 1870 de sa demande d'établir une passage d'eau particulier pour exploiter plus aisément sa parcelle arable au-delà de l'eau, a dû refaire ses calculs… (Moniteur belge, 1870, 10)

Pour comparaison des prix avec notre époque : le prix du pain de ménage, en 1867 à Bruxelles, était de 42 centimes le kilo.


De 1880 à 1895, l’arrivée massive de blés américains provoque une grave crise qui oblige nombre de petits agriculteurs de la région à chercher davantage de ressources dans l'industrie voire même à s'engager dans les campagnes de briquèterie à l'étranger ; femmes et enfants assument alors la charge des petites exploitations.


Au XXe siècle... lire la suite




Notes


[fardier] : charriot à 2 ou 4 roues basses retour au texte


 

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